Traitement des médias filtrants en PACA
Un enjeu émergent lié au renouvellement des installations ANC agrées

Un flux en forte croissance sans solution structurée
Les médias filtrants issus des dispositifs d’assainissement non collectif représentent un flux encore peu visible aujourd’hui, mais appelé à se développer fortement dans les années à venir.
Contrairement aux matières de vidange, aucune filière clairement structurée n’existe actuellement à l’échelle régionale pour leur traitement.
👉 Cette situation crée un décalage entre les besoins opérationnels des professionnels et les solutions disponibles.
Dans ce contexte, la structuration de la filière passe par une mobilisation des professionnels, des collectivités et des services de l’État.
Le GIE GVA agit comme un relai de cette dynamique, en portant la voix des entreprises auprès des institutions afin de faire évoluer l’organisation territoriale du traitement des matières de curage.
Anticiper dès aujourd’hui un enjeu de demain
Les médias filtrants : un matériau au cœur des filières agréées
Les médias filtrants sont utilisés exclusivement dans les dispositifs d’assainissement non collectif de type filtres compacts sur média filtrant.
Ils assurent le traitement biologique des eaux usées en servant de support au développement des bactéries épuratrices.

Selon les technologies utilisées par les fabricants, ces médias peuvent être composés de matériaux :
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organiques (fibres végétales),
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minéraux,
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synthétiques,
Le média traite les eaux usées après la fosse de décantation et rejette des eaux traitées.
Un renouvellement déjà engagé et appelé à s’intensifier
Les premières filières agréées de filtres compacts ont été déployées à partir des années 2010.
Nous entrons aujourd’hui dans une phase de renouvellement des médias filtrants, dont la durée de vie est généralement comprise entre 5 et 15 ans selon les matériaux.
👉 Les premières opérations de remplacement sont déjà en cours depuis plusieurs années, et les volumes vont fortement augmenter à court terme.

Nous sommes aujourd’hui au début d’un cycle de renouvellement qui va s’intensifier rapidement à l’échelle régionale.
Une absence quasi totale de solutions locales
Aujourd’hui, les solutions de traitement des médias filtrants sont extrêmement limitées en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Le principal exutoire se aux confins de la région, ce qui implique :
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des transports longue distance,
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des coûts élevés,
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et une organisation complexe pour les professionnels.
Cette situation contraint les professionnels à gérer ces matières sans solution clairement identifiée dans la loi AGEC, dans des conditions qui ne sont plus adaptées aux exigences actuelles.
Des freins techniques et réglementaires au développement de la filière
Aujourd’hui, les solutions de traitement des médias filtrants sont extrêmement limitées en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Des contraintes liées aux filières
Certains centres de compostage sont engagés dans des filières normées, notamment en agriculture biologique.
Ces cadres limitent l’acceptation de matières issues de l’assainissement.
Un flux encore mal identifié
Les médias filtrants constituent un flux récent, encore insuffisamment intégré dans les référentiels existants.
Absence de code déchet spécifique
Des essais de compostabilité ont été réalisés par certains fabricants, avec des résultats techniquement concluants.

Cependant, ces essais renvoient aujourd’hui vers des codes déchets génériques de type :
👉 “autres déchets d’assainissement non spécifiés”.
Cette situation pose un problème concret :
Les centres de traitement fonctionnent sur la base d’arrêtés préfectoraux listant précisément les codes déchets autorisés.
En l’absence de code déchet clairement identifié :
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certains centres ne peuvent pas accepter ces déchets,
-
même lorsque leur traitement serait techniquement possible.
👉 L’enjeu n’est donc pas uniquement technique, mais aussi réglementaire.
Un cadre réglementaire en place, mais sans solutions opérationnelles
La problématique du traitement des médias filtrants est identifiée depuis plusieurs années par les acteurs de la filière.
La loi AGEC du 10 février 2020 prévoit la mise en place d’une filière à responsabilité élargie du producteur (REP) pour les déchets du bâtiment, avec une entrée en vigueur à partir de 2022.
Dans ce cadre, les dispositifs d’assainissement non collectif ont été intégrés au périmètre des produits et matériaux de construction du bâtiment (PMCB).
👉 Cette évolution implique en théorie :
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la mise en place de solutions de reprise,
-
l’organisation d’une filière de traitement,
-
et la traçabilité des flux.

Pourtant, à ce jour :aucune filière réellement opérationnelle n’est déployée,les solutions de terrain restent inexistantes ou très limitées.
👉 Il existe aujourd’hui un décalage entre le cadre réglementaire et la réalité opérationnelle.
Vers l’émergence d’une filière régionale
La structuration du traitement des médias filtrants constitue aujourd’hui une opportunité majeure à l’échelle régionale.
👉 Elle repose sur trois axes :
01
Anticiper les volumes
Identifier les besoins liés au renouvellement des installations en collaboration avec les SPANC.
02
Développer des solutions locales
Créer des filières adaptées au territoire ou adapter les existantes pour qu'elle puissent recevoir les médias.
03
Structurer la filière
Organiser durablement la gestion des flux avec l'aide des éco-organismes.
Dans ce contexte, le GIE GVA se positionne comme un acteur clé pour accompagner la structuration de cette filière émergente.
En lien avec les professionnels, les collectivités et le syndicat professionnel ATEP, il contribue à faire émerger des solutions adaptées aux enjeux techniques, économiques et environnementaux du territoire.
Une filière à structurer en urgence
Le traitement des médias filtrants constitue aujourd’hui un enjeu important pour l’avenir de l’assainissement non collectif française.
Tous les éléments sont réunis :
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un flux en forte croissance,
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un cadre réglementaire existant,
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des financements en place via les éco-contributions.
Pourtant, les solutions opérationnelles restent aujourd’hui largement insuffisantes.
👉 Les professionnels sont confrontés à cette problématique depuis une paire d'années, sans réponse concrète.

Cette situation n’est pas compatible avec les exigences actuelles de gestion des déchets.